Les 4 raisons de ne pas postuler à une offre d’emploi

Avant de se lancer dans la rédaction d’une réponse à une annonce, il faut savoir la décrypter. Pour ne plus perdre de temps et se concentrer uniquement sur les offres pour lesquelles vous avez de vraies chances, voici  les 4 bonnes raisons de ne pas postuler.

Le succès n’est pas proportionnel au nombre de candidatures envoyées (au contraire !)

Certains chercheurs d’emploi pensent qu’il faut envoyer, au moins, une candidature par jour, sinon ils ont l’impression de ne rien faire. Si c’est votre cas, enlevez-vous cette idée de la tête. « Mieux vaut répondre à peu d’annonces mais se concentrer à fond dessus », confirme Hervé Bommelaer, directeur associé de l’Espace Dirigeants, cabinet de conseil en transition de carrière. En bref, la qualité de votre réponse prime sur la quantité.

D’autant que copier-coller son CV et son mail de motivation et l’envoyer à plusieurs recruteurs quel que soit le poste brigué n’a jamais fait ses preuves. « Cela s’apparente à une bouteille lancée à la mer… Les candidats se disent qu’ils peuvent faire mouche. Pourtant, les recruteurs sentent l’envoi massif et cliquent très vite sur le bouton supprimer », confirme Philippe Guittet, coach et fondateur du cabinet de coaching PG Conseil.

Pas assez de cohérence entre votre parcours et le poste

Une carrière professionnelle, c’est avant tout de la cohérence. Être clair sur son projet et son parcours, c’est le point de départ d’une recherche d’emploi. « Il faut se demander pour chaque poste s’il respecte le fil conducteur de votre carrière et s’il constitue une évolution logique », précise Ana Fernandez, coach et fondatrice d’Energy Coaching.

Interrogez-vous : mon profil correspond-il à cette offre ? Avant d’envoyer votre candidature, inversez également la logique : cette offre correspond-elle à mon profil ? « Il faut que l’offre et le candidat soient au moins à 80 % compatibles. Si ce n’est pas le cas dès la lecture de l’annonce, c’est très mauvais pour la suite », assure Hervé Bommelaer.

Cela ne signifie pas, pour autant, qu’il faut écarter l’offre d’emploi immédiatement. Comme le souligne Ana Fernandez : « dans leurs offres, les entreprises cherchent souvent le mouton à cinq pattes. Il faut arriver à lire entre les lignes : suis-je crédible pour ce poste ? Ai-je au moins les quatre pattes nécessaires ? » Langues, logiciels, compétences utilisées : dressez l’inventaire de tous les éléments précisés dans l’annonce et analysez ceux sur lesquels votre candidature pourrait pêcher.

L’offre ne correspond pas à votre niveau de diplôme

À force de recevoir des réponses négatives, vous avez progressivement diminué votre niveau d’exigence. Le marché du travail est ainsi : une semaine vous n’aurez aucun retour et la suivante de bonnes propositions.

Sachez rester méthodique et exigeant, en accord avec votre projet, vos compétences et votre expérience. Sans tomber, bien sûr, dans l’excès inverse. Un jeune comptable diplômé ne ferait que perdre son temps en postulant à une offre d’expert comptable expérimenté… « Ce n’est pas toujours évident mais il faut se forcer à voir le marché tel qu’il est, sans se bercer d’illusions ni se dévaloriser », explique Philippe Guittet.

Cela fonctionne dans les deux sens : un recruteur comprendrait mal la motivation d’un ancien chef de pub ou responsable commercial briguant un poste d’assistant. Il le verrait en effet comme un choix par défaut ou temporaire.

Le niveau de salaire est trop éloigné de vos attentes

Il faut avoir conscience de sa valeur et des niveaux de rémunération pratiqués à poste équivalent. Ce qui suppose une veille régulière du secteur. Et ce n’est pas parce que vous essuyez des refus depuis plusieurs semaines que vos prétentions salariales (si elles sont justifiées) doivent diminuer.

« Comme pour le niveau d’études, la fourchette de salaire indiquée est un élément important : elle traduit un niveau d’exigence pour le poste », estime Ana Fernandez. Le salaire est révélateur des enjeux liés au poste et du profil recherché (jeune, confirmé, expérimenté…). Ce qui vous donne déjà une indication sur le fait que vous deviez postuler… Ou pas.

 Nicolas Chalon © Keljob – 4 juillet 2012